Mais la frontière la plus contestée est sans doute celle entre l'Asie et l'Europe, faute de séparation claire et précise dans la vaste étendue entre la mer Baltique et la mer Noire31,32,33. Les limites de l'Europe ont été déplacés par les géographes aux cours des siècles et sont peu clairement définies. Ainsi, au xviiie siècle, le Tsar Pierre Ier désire faire de la Russie une puissance européenne. Son géographe Tatitchev propose alors en 1703 que les monts Oural, le fleuve Oural et le Caucase constituent la frontière entre Europe et Asie en lieu et place du Don qui incluait alors la Russie dans l'Asie.
Parallèlement, une querelle divise quelques géographes sur la délimitation précise de la frontière caucasienne, certains voulant repousser la limite au sud du Caucase afin d'inclure notamment l'Arménie et la Géorgie en Europe tandis que d'autres, à l'inverse, voudraient voir cette frontière fixée à la dépression de Kouma-Manytch située au nord du Caucase, dans le but d'inclure les peuples turcs de la région dans l'Asie34.
Avec l'extension récente de l'Union européenne aux portes de l'Asie, tant dans les Balkans qu'en Europe de l'Est, se pose une nouvelle fois le problème du tracé exact de la limite de l'Europe, car il soulève celui des élargissements à venir. Si ce problème ne revêt guère d'importance aux yeux de la Russie, puissance majeure qui n'a jamais exprimé de velléités à intégrer la communauté, d'autres pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée (Maroc, Turquie...) ainsi que du Caucase (Arménie, Géorgie...) y voient un enjeu important en termes d'opportunités commerciales et de développement économique, et se revendiquent membres de l'espace européen sur la base de critères historiques et culturels pour prétendre à l'adhésion. Le Cap-Vert, un pays encore bien plus éloigné, se prévaut aussi d'arguments en termes géostratégiques.
Les discussions sur la pertinence des frontières ont cependant permis de révéler une chose : il ne faut pas confondre les catégorisations sur des critères géographiques avec celles sur des critères anthropologiques. Mêmes les limites les plus consensuelles telles que les détroits ne recouvrent aucune réalité historiques et culturelles, et cela est aisément vérifiable en observant la répartition des ensembles ethniques sur des zones-clés telles que la Méditerranée, l'Insulinde et l'Europe de l'Est. La dimension scientifique (en termes de tectonique des plaques) doit donc être distinguée de la dimension humaine (en termes de zones de peuplements culturellement homogènes).
Le statut des îles[modifier | modifier le code]
Dans un sens élargi, le terme de continent désigne la subdivision commune de la Terre en grandes parties à partir des critères géographiques de continuité des territoires et de ceux d'homogénéité culturelle, de sorte qu'y sont aussi incluses les îles au large des côtes. Pourtant les îles ne font pas partie des continents (au sens commun, ou au sens scientifique) puisque leur territoire n'est pas continu avec celui du continent35,36. Elles sont donc habituellement considérées comme appartenant au continent dont elles sont le plus proches. Par exemple, les îles Canaries — quoique espagnoles — sont rattachées à l'Afrique, les Baléares font partie de l'Europe et les îles du Pacifique appartiennent à l'Océanie. Il en est de même pour l'île de la Réunion ou l'île Maurice qui, malgré la distance qui les sépare de l'Afrique, sont considérées malgré tout comme des îles africaines.
L'Australie constitue certainement l'exemple le plus illustratif de l'ambivalence de la définition : communément qualifiée d'Ile-continent, il est difficile de lui assigner un statut de façon non arbitraire. Si l'on retient la taille moyenne des autres continents, tels que l'Afrique, l'Asie ou l'Antarctique, comme critère de distinction, l'Australie devrait appartenir à la catégorie des îles, et se voir rattacher de ce fait à l'Asie (comme il était fait au temps de sa découverte). Cependant, du fait de son éloignement de la partie continentale de l'Asie, de sa grande taille comparativement aux iles de l'Insulinde, de spécificités culturelles, etc... elle a finalement été intégrée en tant que partie continentale au vaste ensemble d'îles du Pacifique regroupé sous le terme d'Océanie au xixe siècle37. D'ailleurs, en comparaison avec l'Europe, il semble difficile de lui dénier ce statut.
Nombre de continents[modifier | modifier le code]
Mais la frontière la plus contestée est sans doute celle entre l'Asie et l'Europe, faute de séparation claire et précise dans la vaste étendue entre la mer Baltique et la mer Noire31,32,33. Les limites de l'Europe ont été déplacés par les géographes aux cours des siècles et sont peu clairement définies. Ainsi, au xviiie siècle, le Tsar Pierre Ier désire faire de la Russie une puissance européenne. Son géographe Tatitchev propose alors en 1703 que les monts Oural, le fleuve Oural et le Caucase constituent la frontière entre Europe et Asie en lieu et place du Don qui incluait alors la Russie dans l'Asie.
Parallèlement, une querelle divise quelques géographes sur la délimitation précise de la frontière caucasienne, certains voulant repousser la limite au sud du Caucase afin d'inclure notamment l'Arménie et la Géorgie en Europe tandis que d'autres, à l'inverse, voudraient voir cette frontière fixée à la dépression de Kouma-Manytch située au nord du Caucase, dans le but d'inclure les peuples turcs de la région dans l'Asie34.
Avec l'extension récente de l'Union européenne aux portes de l'Asie, tant dans les Balkans qu'en Europe de l'Est, se pose une nouvelle fois le problème du tracé exact de la limite de l'Europe, car il soulève celui des élargissements à venir. Si ce problème ne revêt guère d'importance aux yeux de la Russie, puissance majeure qui n'a jamais exprimé de velléités à intégrer la communauté, d'autres pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée (Maroc, Turquie...) ainsi que du Caucase (Arménie, Géorgie...) y voient un enjeu important en termes d'opportunités commerciales et de développement économique, et se revendiquent membres de l'espace européen sur la base de critères historiques et culturels pour prétendre à l'adhésion. Le Cap-Vert, un pays encore bien plus éloigné, se prévaut aussi d'arguments en termes géostratégiques.
Les discussions sur la pertinence des frontières ont cependant permis de révéler une chose : il ne faut pas confondre les catégorisations sur des critères géographiques avec celles sur des critères anthropologiques. Mêmes les limites les plus consensuelles telles que les détroits ne recouvrent aucune réalité historiques et culturelles, et cela est aisément vérifiable en observant la répartition des ensembles ethniques sur des zones-clés telles que la Méditerranée, l'Insulinde et l'Europe de l'Est. La dimension scientifique (en termes de tectonique des plaques) doit donc être distinguée de la dimension humaine (en termes de zones de peuplements culturellement homogènes).
Le statut des îles[modifier | modifier le code]
Dans un sens élargi, le terme de continent désigne la subdivision commune de la Terre en grandes parties à partir des critères géographiques de continuité des territoires et de ceux d'homogénéité culturelle, de sorte qu'y sont aussi incluses les îles au large des côtes. Pourtant les îles ne font pas partie des continents (au sens commun, ou au sens scientifique) puisque leur territoire n'est pas continu avec celui du continent35,36. Elles sont donc habituellement considérées comme appartenant au continent dont elles sont le plus proches. Par exemple, les îles Canaries — quoique espagnoles — sont rattachées à l'Afrique, les Baléares font partie de l'Europe et les îles du Pacifique appartiennent à l'Océanie. Il en est de même pour l'île de la Réunion ou l'île Maurice qui, malgré la distance qui les sépare de l'Afrique, sont considérées malgré tout comme des îles africaines.
L'Australie constitue certainement l'exemple le plus illustratif de l'ambivalence de la définition : communément qualifiée d'Ile-continent, il est difficile de lui assigner un statut de façon non arbitraire. Si l'on retient la taille moyenne des autres continents, tels que l'Afrique, l'Asie ou l'Antarctique, comme critère de distinction, l'Australie devrait appartenir à la catégorie des îles, et se voir rattacher de ce fait à l'Asie (comme il était fait au temps de sa découverte). Cependant, du fait de son éloignement de la partie continentale de l'Asie, de sa grande taille comparativement aux iles de l'Insulinde, de spécificités culturelles, etc... elle a finalement été intégrée en tant que partie continentale au vaste ensemble d'îles du Pacifique regroupé sous le terme d'Océanie au xixe siècle37. D'ailleurs, en comparaison avec l'Europe, il semble difficile de lui dénier ce statut.
Nombre de continents[modifier | modifier le code]